La plateforme ACX & l’intelligence artificielle.

Le vendredi 7 décembre 2018, s’est tenue à Paris, une matinée-débat dont le thème était
L’Intelligence Artificielle (IA) dans l’accompagnement : Aberration ? Utopie ? Une solution ?
Dans le cadre de l’accompagnement des personnes précaires malades, l’association Cordia, ouverte il y a 26 ans, a travaillé depuis 2 ans à la mise au point d’un outil d’aide à la décision (ACX). Cette plateforme facilite et renforce le travail pluridisciplinaire, aide à lutter contre la fracture numérique, renforce le pouvoir d’agir des personnes. Pour 42% des résidents, ACX contribue à générer espoir et stimule la motivation. La personne en position d’experte renforce son estime de soi autour de son besoin, elle dialogue d’égal à égal avec le professionnel, elle apprend à mieux se connaitre. Elle est actrice dans la construction de sa réponse à sa situation.

Mais ACX peut-il être aussi une antichambre de l’IA via un programme de type « deep-learning » ?  Aujourd’hui nous stockons : des profils de personnes accompagnées, des besoins classés par ordre d’importance pouvant varier en fonction du temps, des réponses apportées aux besoins, des temporalités de réalisation, une graduation des forces potentielles par résident. Avec quelques algorithmes supplémentaires, demain nous pourrions utiliser ces données et créer un outil auto apprenant de repérage de solutions à mettre en œuvre.

Ainsi créée, cette machine serait-elle une opportunité pour s’inscrire dans de nouvelles perspectives d’accompagnement ? Compte tenu de sa rapidité d’apprentissage, pourrions-nous rester associés ? Et si elle travaillait mieux que l’Homme dans certains domaines « réservés » ? Nous pourrions gagner ainsi du temps, qu’en ferions-nous ? L’utiliserions-nous pour développer la pratique de la méditation et de l’empathie ? En effet, les chercheurs considèrent que cette approche modifie réellement les structures cérébrales importantes pour notre fonctionnement personnel et notre relation aux autres. Face à ce potentiel chamboulement, comment élaborer une « éthique algorithmique » dans notre secteur médico-social ?